Lee Soo Man se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une polémique après le lancement de ses nouveaux groupes A2O SOUL et A2O LITE. Si les débuts musicaux des deux formations ont attiré l’attention, c’est surtout un service permettant aux fans de discuter et de passer des appels avec des avatars générés par intelligence artificielle qui suscite de vives critiques. Le dispositif reproduit l’apparence et la voix des membres, dont plusieurs sont âgés de seulement 13 ans.
Des appels vidéo avec des idols générés par IA
Le 12 octobre, A2O SOUL et A2O LITE ont été présentés lors d’un showcase commun organisé au KINTEX, en Corée du Sud. À cette occasion, les médias ont pu découvrir un nouveau dispositif de communication avec les fans reposant sur l’intelligence artificielle.
Baptisé BloomingTalk, le service permet d’échanger des messages, mais également de passer des appels audio et vidéo avec des versions virtuelles des artistes. Ces avatars reproduisent leur apparence, leur voix et certains éléments de leur manière de parler, tandis que les réponses sont générées par une intelligence artificielle plutôt que formulées directement par les membres.
Les deux groupes sont représentés sur la plateforme depuis le 14 octobre. L’objectif est de permettre aux fans de communiquer avec leurs idols à tout moment, même lorsque les artistes ne sont pas disponibles.
Mais cette innovation soulève rapidement une question essentielle : jusqu’où peut-on aller dans la reproduction de l’identité d’une personne réelle pour proposer une expérience interactive aux fans ?
La présence de membres mineurs au cœur de la polémique
Les critiques se concentrent particulièrement sur l’âge de certaines membres d’A2O LITE. Trois d’entre elles, Ayune, OA et Aijing, sont âgées de 13 ans. Leurs avatars sont également accessibles sur la plateforme, ce qui signifie que les utilisateurs peuvent interagir avec des représentations virtuelles de ces très jeunes artistes en utilisant leur apparence et leur voix.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs fans dénoncent une pratique qu’ils jugent inappropriée, estimant que l’identité de mineurs ne devrait pas être transformée en chatbot destiné à reproduire une forme d’intimité avec le public.
Certains internautes appellent même au boycott d’A2O, considérant que la mise à disposition de ces avatars pose un problème de protection des jeunes artistes. D’autres s’interrogent sur les possibilités offertes aux utilisateurs et sur les risques de voir cette technologie détournée de son objectif initial.
Le débat dépasse ainsi la seule question de l’innovation technologique. Pour les détracteurs du service, permettre à des utilisateurs de dialoguer individuellement avec une version artificielle d’une adolescente soulève des questions de consentement, de protection de l’image et de contrôle sur les interactions rendues possibles par l’IA.
Des garde-fous existent, mais les interrogations persistent
BloomingTalk comporte des mécanismes visant à distinguer les échanges générés par l’IA des messages réellement envoyés par les artistes. Selon un test publié par TenAsia le 16 octobre, les réponses de l’intelligence artificielle sont identifiées comme telles. Le service indique également que les propos générés ne doivent pas être considérés comme des déclarations officielles des membres.
Le média a par ailleurs testé les limites du dispositif en soumettant une question inappropriée à un avatar. Le message a été bloqué avant son envoi et un avertissement a été affiché, précisant que des violations répétées pouvaient entraîner la suspension du compte.
Ces mécanismes constituent des protections importantes, mais ils ne répondent pas nécessairement à toutes les inquiétudes. Un système capable de bloquer certains messages ne garantit pas, à lui seul, que toutes les interactions possibles soient appropriées ni que les artistes disposent d’un contrôle suffisant sur l’utilisation de leur image et de leur voix.
La question de la responsabilité se pose également lorsque l’IA produit des réponses que l’artiste n’a jamais formulées. Même avec une indication signalant l’intervention de l’intelligence artificielle, certaines déclarations peuvent être sorties de leur contexte et circuler sur les réseaux sociaux comme si elles provenaient directement de la célébrité concernée.
Lee Soo Man de retour avec une nouvelle vision de la K-POP
Avec A2O Entertainment, Lee Soo Man poursuit ses ambitions dans l’industrie musicale après son départ de SM Entertainment. Le producteur est à l’origine des deux nouvelles formations : A2O SOUL, un groupe masculin de 15 membres, et A2O LITE, un groupe féminin de 9 membres.
Le lancement de BloomingTalk s’inscrit dans cette volonté d’explorer de nouvelles technologies pour développer les interactions entre artistes et public. Mais cette stratégie risque aussi de raviver les débats sur la manière dont les agences exploitent l’image, la disponibilité et la proximité supposée de leurs idols pour fidéliser les fans.
Pour les personnes opposées à cette approche, la présence de très jeunes artistes rend ces interrogations d’autant plus importantes. Il ne s’agit pas nécessairement de rejeter toute utilisation de l’IA, mais de déterminer quelles limites doivent être imposées lorsque des avatars reproduisent l’identité de personnes réelles, en particulier lorsqu’il s’agit de mineurs.
Alors que le service vient à peine d’être lancé, les critiques adressées à A2O Entertainment montrent que l’innovation ne suffit pas à garantir l’acceptabilité d’un nouveau concept. La protection des jeunes artistes, le contrôle de leur image numérique et les limites des conversations générées par IA restent au centre du débat.
Source : naver
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