FANOMENON : La place du Big 4 (HYBE, SM, JYP, YG) soulève des questions sur le monopole de la K-POP

Le futur événement fait déjà débat, notamment car il est mené par une société conjointe de HYBE, JYP, SM et YG, alors qu’il se veut être un événement célébrant toute la K-POP. Pourtant, de nombreuses agences et artistes en sont mis de côté.

Un festival national construit autour des quatre plus grandes agences

FANOMENON est présenté comme l’un des projets majeurs destinés à faire entrer la K-Culture dans une nouvelle dimension. Porté par le Comité présidentiel pour les échanges culturels populaires, l’événement doit réunir concerts de K-POP, cérémonies consacrées aux fandoms, expositions et expériences autour de la culture coréenne.

Mais une question revient depuis plusieurs mois : pourquoi un projet présenté comme une grande vitrine de la K-Culture repose-t-il aussi largement sur HYBE, SM Entertainment, YG Entertainment et JYP Entertainment ?

Les quatre agences ont créé une société commune chargée de l’événement, avec des apports en capital et des droits de vote identiques. J.Y. Park, coprésident du comité à l’origine du projet et figure dirigeante de JYP Entertainment, défend cette structure comme une collaboration inédite entre les quatre géants de l’industrie.

Le problème n’est donc pas seulement celui d’une programmation

Sur le papier, le raisonnement paraît simple : les Big 4 disposent des artistes capables d’attirer un public international considérable et peuvent donc servir de locomotive à un événement de cette ampleur.

J.Y. Park avait déjà expliqué que les quatre agences devaient permettre à FANOMENON d’acquérir rapidement une visibilité mondiale, tandis que les autres parties du festival pourraient également donner de la place à des artistes émergents et à des entreprises plus petites.

Mais c’est précisément là que la question du modèle se pose.

FANOMENON n’est pas présenté comme un simple festival privé organisé par quatre concurrents qui auraient décidé de travailler ensemble. Il bénéficie du soutien et de l’impulsion d’un comité présidentiel consacré aux échanges culturels, avec l’ambition affichée de représenter et de développer la K-Culture dans son ensemble.

Dans ce contexte, voir les quatre entreprises qui dominent déjà une immense partie du marché de la K-POP occuper une place aussi centrale peut naturellement donner l’impression que la vitrine censée représenter toute l’industrie appartient d’abord à ses acteurs les plus puissants.

Et les artistes des autres agences ?

C’est l’un des points qui méritent le plus d’attention.

Des artistes extrêmement populaires comme ATEEZ, IVE ou i-dle appartiennent à des entreprises qui ne participent pas à la société commune créée pour FANOMENON. Leur éventuelle participation au festival n’a pas été garantie de la même manière que celle des artistes issus des quatre agences impliquées dans le projet.

Dès les premières annonces, des interrogations avaient ainsi émergé sur le risque que les artistes des structures plus petites soient relégués au second plan dans un événement appelé à devenir une nouvelle référence mondiale.

J.Y. Park assure de son côté que FANOMENON doit justement permettre aux artistes émergents et aux petites entreprises de profiter de l’affluence créée par les grandes stars. Le concept prévoit notamment des showcases, des rencontres avec les fans et d’autres programmes parallèles.

Mais tant que la programmation définitive et les conditions d’accès à ces différentes parties du festival ne sont pas connues, il reste difficile de mesurer concrètement la place qui sera accordée aux acteurs extérieurs aux Big 4.

Une concentration qui pose aussi une question de gouvernance

La question devient encore plus intéressante lorsqu’on regarde la manière dont FANOMENON est organisé.

J.Y. Park a récemment expliqué devant l’Assemblée nationale que les quatre agences avaient investi le même montant et disposaient des mêmes droits de vote. Il a également rejeté l’idée d’un traitement de faveur, affirmant que les entreprises auraient pu gagner davantage en organisant leurs propres concerts plutôt qu’en participant au projet commun.

Cet argument répond à une partie des critiques : il n’y aurait pas, selon lui, une agence dominante imposant ses décisions aux trois autres.

Mais il ne répond pas entièrement à une autre question : pourquoi les quatre mêmes entreprises sont-elles devenues les interlocutrices naturelles d’un projet ayant vocation à représenter l’ensemble de la K-POP ?

Même avec quatre partenaires à parts égales, il demeure une forme de concentration. Ce n’est pas nécessairement un « monopole » au sens juridique du terme, mais c’est bien une position collective exceptionnelle : quatre des acteurs les plus puissants du marché travaillent ensemble au sein même du projet appelé à devenir une grande vitrine internationale de la K-Culture.

Une situation qui mérite d’être surveillée

Le débat autour de FANOMENON ne signifie pas que la présence des Big 4 est forcément problématique. Pour lancer un événement de cette ampleur, leur puissance internationale peut constituer un avantage évident.

La véritable question sera donc de savoir ce que le festival fera de cette puissance.

FANOMENON deviendra-t-il une plateforme permettant réellement à l’ensemble de l’écosystème coréen de gagner en visibilité, avec les Big 4 comme locomotive ? Ou finira-t-il par renforcer encore davantage la position des quatre agences qui dominent déjà l’industrie en ne mettant en avant que leurs artistes ?

Pour l’instant, aucune de ces deux conclusions ne peut être affirmée. Mais alors que FANOMENON est soutenu par le gouvernement et présenté comme un projet destiné à faire progresser toute la K-Culture, la question de savoir qui en contrôle réellement les portes d’entrée mérite clairement d’être posée.

Car promouvoir la K-Culture dans le monde ne devrait pas nécessairement signifier que sa vitrine appartient uniquement à ceux qui la dominent déjà.

Source : naver

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