HYBE débouté par la justice : « manipulation médiatique », un terme qui ne constitue pas une diffamation.
Le géant du divertissement vient de subir un revers judiciaire qui risque de faire date. Selon une décision de non-lieu obtenue par Financial News, le parquet du district d’Incheon (section de Bucheon) a classé sans suite une plainte déposée par HYBE contre un internaute accusé de diffamation et d’insulte. La raison ? Les procureurs ont estimé que le terme « manipulation médiatique » ou « mediaplay » utilisé par l’internaute ne pouvait être clairement considéré comme faux.
Des commentaires qui visent juste ?
L’internaute visé avait posté des commentaires sur Naver News accusant HYBE de « manipulation médiatique » et utilisant des expressions fortes comme « malade mental » pour qualifier l’entreprise, qu’il comparait également au Hamas. HYBE soutenait que ces déclarations nuisaient à sa réputation, notamment dans le cadre de l’acquisition d’une agence de relations publiques basée aux États-Unis.
Le parquet ne nie pas l’accusation de mediaplay
Mais les procureurs ont jugé que le terme « manipulation » ne pouvait être clairement considéré comme faux, notant que les agences de relations publiques peuvent avoir recours à des éditions favorables pour leurs clients. Une décision lourde de sens, qui vient confirmer ce que de nombreux observateurs et fans accusent HYBE de faire depuis des années : du « mediaplay » – c’est-à-dire l’utilisation de médias complaisants pour influencer l’opinion publique et la couverture médiatique en sa faveur.
Un contexte explosif
Cette affaire s’inscrit dans un contexte où HYBE a été régulièrement accusée de manipulation médiatique, en particulier depuis l’affaire l’opposant à Min Hee Jin, l’ex-PDG d’ADOR. Lors de ce conflit très médiatisé, de nombreux observateurs avaient pointé du doigt des articles de presse jugés favorables à HYBE, des fuites orchestrées et une couverture médiatique déséquilibrée visant à discréditer l’ancienne PDG. Des accusations de « mediaplay » qui avaient largement circulé sur les réseaux sociaux et dans les communautés en ligne.
Un coup dur pour la stratégie judiciaire de HYBE
Cette décision de non-lieu est un camouflet pour HYBE, qui multiplie depuis plusieurs années les actions en justice contre les critiques en ligne. L’agence, qui a souvent communiqué sur sa « tolérance zéro » face aux commentaires malveillants, se voit opposer un argumentaire juridique qui reconnaît implicitement que les accusations de manipulation médiatique ne sont pas dénuées de fondement.
Les procureurs ont également estimé qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour démontrer que les commentaires avaient directement nui à la réputation sociale de HYBE. Concernant les propos insultants, le parquet a reconnu qu’ils étaient grossiers mais a estimé qu’ils pouvaient être interprétés comme des opinions personnelles sur une question d’intérêt public.
Un précédent qui fera jurisprudence
Cette affaire pourrait avoir des répercussions sur les futures actions judiciaires intentées par HYBE et d’autres grandes agences de divertissement. Elle rappelle que la frontière entre critique légitime et diffamation est parfois mince, et que les juges sont de plus en plus attentifs à ne pas restreindre excessivement la liberté d’expression, même face à des propos acerbes.
Pour l’internaute, c’est une victoire. Pour HYBE, c’est une leçon : on ne gagne pas systématiquement quand on attaque ses détracteurs en justice, surtout quand ces derniers pointent du doigt des pratiques que la justice elle-même ne peut pas qualifier de « fausses ». Une décision qui fera date dans l’industrie de la K-pop.
Source : fnnews
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