De nouveaux documents historiques viennent apporter des éléments supplémentaires concernant le patrimoine de Ahn Sang Ho, l’arrière-grand-père de l’actrice Ha Young, dont le passé fait actuellement polémique en Corée du Sud.
Selon ces archives récemment découvertes, Ahn Sang Ho possédait notamment une rizière de 2 700 pyeong, soit environ 8 926 m², à Gunpo, dans la province de Gyeonggi, au début de la période de colonisation japonaise.
Jusqu’à présent, les recherches consacrées à son patrimoine s’étaient principalement concentrées sur d’importantes propriétés qu’il détenait dans la région d’Anyang. Ce nouveau document permet pour la première fois d’établir précisément qu’il possédait également un terrain à Gunpo, avec le numéro de parcelle correspondant.
Une rizière située près de la ligne ferroviaire
Le registre cadastral établi durant le Land Survey Project japonais mentionne Ahn Sang Ho sous son nom chinois, « 安商浩 », comme propriétaire de la parcelle n°235 située à Geumjeong-ri, dans l’ancien comté de Siheung.
Le terrain est décrit comme une rizière et sa superficie est indiquée à 2 700 pyeong, soit environ 8 926 m².
La parcelle apparaît également sur les cartes cadastrales originales de l’époque. Elle était située juste à côté de la ligne Gyeongbu, l’une des principales lignes ferroviaires de Corée, déjà en activité à cette période. Aujourd’hui, cette zone correspond à une partie de Geumjeong-dong, à Gunpo, autour de l’actuel échangeur de Geumjeong.
La parcelle n°235 a par la suite été divisée en plusieurs terrains. Certains ont été acquis par le gouvernement de Siheung en 1983 avant d’être intégrés à des propriétés routières, tandis qu’une autre parcelle issue du terrain original a été acquise par l’État en 1986 et est devenue une propriété ferroviaire.
Les registres informatisés actuellement disponibles ne permettent toutefois pas de retracer précisément ce qu’est devenu le terrain entre la période où Ahn Sang Ho en était propriétaire et ces acquisitions des années 1980. Il est donc impossible d’affirmer que ses descendants ont hérité de ces terrains ou ont reçu une quelconque indemnisation lors de leur acquisition.
Un patrimoine qui semble avoir été particulièrement important
Cette découverte s’ajoute à plusieurs documents montrant qu’Ahn Sang Ho disposait déjà d’un patrimoine immobilier conséquent au cours de la période coloniale.
Un article du Dong-A Ilbo publié en 1926 évoquait notamment l’assassinat d’un garde forestier japonais qui travaillait depuis 17 ans sur une montagne appartenant à Ahn Sang Ho. Le document laisse donc penser qu’il possédait également des terrains forestiers dans la région dès le début du XXe siècle.
Il n’existe cependant aucune preuve permettant d’établir que cette forêt correspondait à la rizière de 2 700 pyeong récemment identifiée.
Ahn Sang Ho avait étudié la médecine au Japon avant de revenir en Corée et d’ouvrir un cabinet médical à Jongno, à Séoul. Des articles publiés après sa mort le décrivaient comme un homme extrêmement riche, possédant notamment d’importantes quantités de terres.
Son cabinet était situé sur Jongno, l’une des principales artères commerciales de Séoul à l’époque. Plus tard, il posséda également de vastes terrains autour de la gare d’Anyang.
La découverte de cette propriété à Gunpo montre ainsi que son patrimoine s’étendait sur une zone beaucoup plus large qu’initialement documenté, notamment le long de l’axe ferroviaire reliant Séoul, Gunpo et Anyang.
Cela ne permet toutefois pas d’affirmer qu’Ahn Sang Ho avait acheté ces terrains dans l’objectif de spéculer sur le développement du réseau ferroviaire. Les dates, prix et circonstances exactes de ses acquisitions ne sont pas suffisamment documentés.
Un autre document historique fait par ailleurs état d’un conflit foncier. En décembre 1923, le Dong-A Ilbo rapportait qu’un homme avait porté plainte contre Ahn Sang Ho, l’accusant d’avoir obtenu la certification de la vente d’un terrain situé à Paju alors que le propriétaire était absent. L’issue de cette affaire n’est toutefois pas connue.
Pourquoi cette découverte intervient au cœur de la polémique autour de Ha Young
Ces nouvelles informations prennent une importance particulière alors que le passé familial de Ha Young est scruté depuis plusieurs semaines.
La polémique a commencé après son apparition dans l’émission de KBS2 Problem Child in House, le 7 août. L’actrice y avait évoqué avec fierté son histoire familiale, affirmant appartenir à une lignée de médecins sur quatre générations. Elle avait notamment raconté que son arrière-grand-père avait étudié la médecine occidentale au Japon, ouvert un cabinet médical à Hanyang et soigné l’empereur Gojong.
Des recherches ont ensuite permis d’identifier cet arrière-grand-père comme étant Ahn Sang Ho et de mettre en lumière son implication dans des organisations liées aux autorités japonaises durant la période coloniale.
En 1916, son nom apparaît notamment parmi les membres du Daejeong Friendship Association, une organisation comptant plusieurs personnalités considérées comme pro-japonaises, dont Lee Wan Yong.
La polémique s’est rapidement amplifiée lorsque des documents historiques supplémentaires concernant ses activités et son rapport aux politiques d’assimilation japonaises ont émergé.
L’agence de Ha Young avait dans un premier temps qualifié les accusations de « sans fondement », avant de revenir sur ses propos le lendemain et de reconnaître l’existence de documents attestant de l’implication d’Ahn Sang Ho dans cette organisation.
Le 12 août, Ha Young avait à son tour publié une lettre d’excuses manuscrite, expliquant qu’elle ne connaissait auparavant qu’une partie de l’histoire de son arrière-grand-père à travers les récits familiaux. Elle a reconnu avoir parlé de lui comme d’une source de fierté sans avoir suffisamment pris en compte le contexte historique de la période coloniale.
Une question qui dépasse le simple héritage familial
En Corée du Sud, la polémique autour de Ha Young ne porte donc pas uniquement sur les actes d’un ancêtre décédé depuis près d’un siècle.
Elle touche également à une question historique particulièrement sensible : les descendants de personnes ayant collaboré avec les autorités japonaises ont-ils continué à bénéficier des richesses accumulées pendant la colonisation, tandis que les familles de militants indépendantistes ont souvent été lourdement pénalisées ?
Cette inégalité historique est documentée. Certains descendants de militants indépendantistes ont raconté avoir grandi dans la pauvreté après que leurs familles eurent consacré leur fortune à la lutte pour l’indépendance. Le gouvernement sud-coréen continue par ailleurs à élargir les dispositifs de soutien destinés aux descendants de ces militants.
Dans le même temps, les autorités cherchent toujours à récupérer certains biens considérés comme provenant de propriétés acquises par des collaborateurs pro-japonais, notamment lorsqu’elles ont ensuite été transmises à leurs descendants.
Il serait toutefois excessif d’en déduire que tous les descendants de collaborateurs sont riches ou que tous les descendants de militants indépendantistes sont pauvres. La réalité est évidemment plus complexe.
De la même manière, la découverte de cette rizière ne permet pas d’affirmer qu’elle a été obtenue grâce aux activités pro-japonaises d’Ahn Sang Ho, ni que Ha Young ou sa famille proche bénéficient aujourd’hui de ce terrain. Les documents disponibles ne permettent tout simplement pas de retracer suffisamment précisément son parcours jusqu’aux années 1980.
Une nouvelle pièce dans le puzzle
La nouvelle archive permet néanmoins de mieux comprendre l’ampleur du patrimoine d’Ahn Sang Ho.
Elle montre qu’il possédait déjà 2 700 pyeong de terres à Gunpo, à proximité immédiate d’une importante ligne ferroviaire, alors qu’il allait par la suite devenir connu pour ses vastes propriétés à Anyang.
Ses activités professionnelles et ses biens apparaissent ainsi régulièrement associés à des zones stratégiques de Séoul, Gunpo et Anyang, notamment autour des principaux axes commerciaux et ferroviaires.
Cela ne suffit pas à établir une stratégie de spéculation immobilière, mais suggère qu’Ahn Sang Ho avait réussi à transformer les revenus de son activité médicale en un patrimoine foncier considérable.
Dans le contexte actuel, cette découverte apporte donc un nouvel élément concret sur la fortune accumulée par l’arrière-grand-père de Ha Young durant la période coloniale, sans pour autant permettre de tirer de conclusions supplémentaires sur l’origine exacte de chaque propriété.
Pour l’actrice, elle intervient surtout alors que son histoire familiale est déjà au centre d’un débat particulièrement sensible en Corée du Sud, où la question de l’héritage laissé par la période de colonisation japonaise reste profondément marquée par les inégalités entre familles de collaborateurs et familles ayant participé au mouvement indépendantiste.
Source : naver
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