CW : Cet article fait mention de maltraitance sur des personnes fragiles.
Le YouTubeur sud-coréen Kagwang, suivi par environ 470 000 abonnés, est au cœur d’une vive polémique après des accusations de maltraitance et d’exploitation financière visant une femme apparue dans ses diffusions en direct. Des spectateurs auraient même payé pour influencer le traitement qui lui était réservé. Une affaire qui rappelle les dérives du « trash streaming » révélées en France après la mort de Jean Pormanove sur la plateforme Kick.

Des accusations de maltraitance pendant des lives en Thaïlande
La controverse a éclaté après la diffusion en ligne d’un long témoignage publié par une personne affirmant représenter juridiquement la femme concernée. Selon cette déclaration, celle-ci, née en 1995 et présentée comme potentiellement en situation de handicap intellectuel, aurait subi pendant plusieurs mois des traitements abusifs dans le cadre des contenus de Kagwang.
Les faits les plus graves allégués se seraient déroulés lors d’un séjour en Thaïlande. Alors qu’elle se remettait d’une opération de la hanche, ses béquilles auraient été cassées. Elle aurait également été privée de nourriture et de sommeil, contrainte de boire de l’alcool et menacée lorsqu’elle aurait exprimé son souhait de rentrer chez elle.
Selon le témoignage, certaines restrictions imposées à la femme auraient été liées aux dons des spectateurs. Ces derniers auraient ainsi pu payer pour influencer le déroulement des diffusions, notamment en limitant son accès à la nourriture.
La personne affirmant l’assister indique également que la femme aurait demandé de l’aide le 21 octobre. L’ambassade de Corée du Sud en Thaïlande aurait alors été contactée et aurait pris des mesures de protection le lendemain, avant son retour prévu en Corée du Sud le 23 octobre. Ces éléments n’ont toutefois pas été confirmés de manière indépendante.
Des accusations contestées par Kagwang
Le 24 octobre, Kagwang a publié une longue déclaration pour nier les accusations. Dans une vidéo mise en ligne le lendemain, il a affirmé que la femme participait volontairement à ses émissions et qu’un contrat avait été signé pour encadrer les activités filmées, les pénalités et le partage des revenus.
Il a également contesté les affirmations concernant un éventuel handicap intellectuel, déclarant que la femme n’avait jamais été diagnostiquée comme présentant cette condition. Tout en reconnaissant qu’il aurait dû faire preuve de davantage de prudence avec des contenus provocateurs, il a nié l’avoir maltraitée.
Le YouTubeur a notamment partagé ce qu’il présente comme le contrat conclu avec la participante. Mais pour de nombreux internautes, l’existence d’un accord ne suffit pas à répondre aux questions soulevées par les accusations, notamment concernant les conditions dans lesquelles le consentement aurait été donné et les limites imposées aux participants.
À ce stade, les accusations n’ont pas été établies par une enquête indépendante. L’identité et les qualifications juridiques de la personne affirmant représenter la femme n’ont pas non plus été vérifiées.


L’affaire Jean Pormanove en France, un parallèle frappant
Cette controverse rappelle celle de Jean Pormanove, de son vrai nom Raphaël Graven, décédé le 18 août 2025 pendant un direct diffusé sur Kick. Pendant plusieurs mois, le streameur français avait été régulièrement humilié et maltraité dans des vidéos présentées comme du divertissement, tandis que les spectateurs pouvaient financer les contenus et encourager leur escalade.
Dans les deux affaires, une question centrale se pose : jusqu’où peut-on aller au nom du divertissement en direct, notamment lorsque des participants semblent se trouver dans une situation de vulnérabilité ? Le fait que certaines scènes soient présentées comme consenties ou encadrées par un contrat ne fait pas disparaître les interrogations sur les rapports de pouvoir, les conditions de participation et la responsabilité de ceux qui organisent les émissions.
Le rôle du public constitue un autre point commun. Lorsque les dons permettent aux spectateurs d’influencer ce qui se déroule à l’écran, le public risque de devenir un acteur du système plutôt qu’un simple témoin. C’est précisément ce mécanisme qui avait suscité de vives critiques dans l’affaire Jean Pormanove.
Les deux situations restent néanmoins différentes : dans le dossier sud-coréen, les faits rapportés concernant Kagwang restent contestés et doivent être vérifiés. En France, les deux streameurs impliqués dans les violences et humiliations infligées à Jean Pormanove ont été condamnés en août 2026 à des peines de prison avec sursis, des amendes et une interdiction temporaire de publier sur les réseaux sociaux. Une procédure distincte vise également la plateforme Kick et ses dirigeants.
Les internautes interpellent YouTube
Sur les communautés en ligne, les accusations visant Kagwang ont provoqué une vague d’indignation. De nombreux internautes s’interrogent sur la possibilité de diffuser de tels contenus sur YouTube et réclament que les personnes ayant financé les traitements allégués soient également tenues responsables.
Au-delà du cas de Kagwang, cette polémique relance le débat sur la modération des diffusions en direct, les incitations financières à produire des contenus toujours plus extrêmes et la protection des participants potentiellement vulnérables.
Comme l’a montré l’affaire Jean Pormanove, la recherche d’audience et les revenus générés par les dons peuvent contribuer à banaliser des comportements humiliants et dangereux. Reste à déterminer, dans le cas de Kagwang, ce qui s’est réellement passé et quelles responsabilités pourront être établies.
Source : theqoo
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