Un jugement qui fait polémique. Ce 8 juin, le tribunal de Cheonan a acquitté un homme d’une vingtaine d’années accusé d’avoir acheté des images pornographiques truquées représentant une célébrité mineure. Sa défense : ce n’étaient que des « images fabriquées ». Les juges ont suivi son raisonnement, suscitant l’incompréhension générale.
Un montage à 20 000 wons
Le prévenu, identifié comme « M. A », avait acheté pour 20 000 wons (environ 13 euros) des clichés où le visage d’une jeune idol de K-Pop mineure avait été incrusté sur le corps nu d’une autre femme. Une pratique malheureusement courante sur certains forums obscurs.
La loi sud-coréenne prévoit pourtant des peines sévères
En Corée du Sud, l’achat, la possession ou le visionnage de contenus représentant clairement des enfants ou des mineurs est passible d’au moins un an de prison. Une loi très stricte, censée protéger les jeunes victimes.
Mais les juges en ont décidé autrement.
L’argument choc du tribunal
Selon le tribunal, « les images manipulées ne représentent pas directement des victimes réelles, mais sont simplement des images fabriquées utilisant leurs visages. » Les juges estiment donc qu’elles ne peuvent pas être qualifiées de « matériel d’exploitation sexuelle d’enfants ou de jeunes » au sens de la loi.
Autre argument : « le simple fait que la victime soit membre d’un groupe d’idols ne signifie pas que tout le monde connaît son âge. Et la qualité des images était si mauvaise qu’« on pouvait facilement reconnaître qu’il s’agissait de photos manipulées ».
Un verdict incompris
Sur les réseaux sociaux, la décision a provoqué une vague d’indignation. « Donc si je crée une deepfake d’une mineure, ce n’est pas grave tant que c’est « fabriqué » ? », s’interroge un internaute. « La loi protège les vraies victimes, pas les images… Mais quand l’image est la seule preuve, que fait-on ? », renchérit un autre.
Beaucoup dénoncent une faille juridique dangereuse, qui pourrait encourager ce type de trafic. Car si acheter des nus truqués d’une mineure n’est pas puni, alors pourquoi s’en priver ?
Une zone grise de la loi
L’affaire met en lumière les limites de la législation sud-coréenne face aux deepfakes et aux images générées par IA. Le tribunal a appliqué la loi à la lettre, mais celle-ci n’a pas prévu ce cas de figure. Résultat : un acquittement qui passe mal, et une demande urgente de révision de la loi.
Source : naver
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