Alors que des milliers de fans s’apprêtent à célébrer le comeback de BTS ce samedi 21 mars place Gwanghwamun, une tout autre polémique gronde dans l’ombre des festivités. Selon le collectif citoyen Workplace Gapjil 119, plusieurs entreprises situées à proximité du site ont décidé de fermer temporairement, obligeant leurs employés à poser des congés payés.
Des employés contraints de poser des congés
Le collectif a reçu de multiples signalements de travailleurs affirmant que leur direction leur a « ordonné de prendre un après-midi de congé vendredi parce que l’entreprise fermerait à cause du concert », ou encore qu’ils ont été « informés de ne pas venir travailler le jour de la performance ».
En cause : les restrictions de circulation et les problèmes de sécurité liés à l’affluence massive attendue (jusqu’à 260 000 personnes selon la police). Mais ce sont les employés qui paient le prix fort, voyant leur précieux quota de congés amputé sans avoir leur mot à dire.
La loi du travail bafouée ?
Workplace Gapjil 119 rappelle que la loi du travail coréenne est claire : « Le principe fondamental de la loi sur les normes du travail est que le moment des congés annuels est déterminé par le travailleur ». Obliger collectivement des employés à poser des congés à des dates spécifiques en raison des circonstances de l’entreprise « ne correspond pas à l’esprit de la loi et pourrait constituer une violation ».
Si des employés ont déjà soumis leur demande sous la pression, des modifications ou annulations restent possibles via une consultation individuelle. Mais en principe, ni l’employeur ni l’employé ne peuvent annuler unilatéralement la demande.
Des indemnités de fermeture potentiellement dues
Autre point crucial : le versement d’indemnités de fermeture. Selon la loi, les entreprises de cinq salariés ou plus doivent verser au moins 70 % du salaire moyen en cas de fermeture imputable à l’employeur. Même si l’arrêt est motivé par la congestion ou des problèmes de sécurité liés au concert, cette décision peut être considérée comme relevant de la gestion de l’entreprise, ouvrant droit à ces indemnités.
Les travailleurs précaires dans la zone grise
Mais les petits établissements (moins de cinq salariés), les freelances et les travailleurs de plateformes ou sous statut spécial tombent dans une zone grise juridique où ces protections sont limitées, rendant difficile toute réclamation.
L’avocate tire la sonnette d’alarme
Maître Kim Ja Yeon, avocate en droit du travail chez Workplace Gapjil 119, a déclaré : « Alors que le monde entier célèbre le comeback de BTS, si des violations telles que l’obligation de prendre des congés ou l’imposition de fermetures se poursuivent sans contrôle, la signification de cette célébration sera inévitablement ternie ».
Elle a ajouté : « En particulier, les travailleurs des petits établissements, les freelances et les travailleurs de plateformes ou sous statut spécial – qui sont déjà dans les angles morts du droit du travail – rencontrent des difficultés même pour réclamer des indemnités de fermeture, soulignant la nécessité de renforcer la protection du droit au repos des travailleurs ».
Le retour tant attendu de BTS aura donc aussi mis en lumière une tout autre réalité, bien moins festive, pour les employés du quartier de Gwanghwamun.
Source : mksports
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